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Interne: Appareils mobiles en classe, l’UdeM offre un cadre de fonctionnement constitué de recommandations

Le (très court: 8 p.!) rapport Les technologies mobiles en classe: Encadrer leur utilisation pour soutenir l’apprentissage des étudiants (octobre 2013) vient d’être publié.  En février 2012, la Commission des études de l’Université de Montréal (UdeM) avait mandaté le Conseil des études de premier cycle pour étudier la question d’une éventuelle politique institutionnelle sur l’utilisation par les étudiants des modes de communication électroniques en classe­.  Le Conseil des études a confié à un comité ce mandat.  Le Comité était composé…

  • Vice-recteur adjoint aux études de premier cycle, président
  • Vice-doyenne à la Faculté de médecine dentaire
  • Vice-doyenne aux études de la Faculté de l’aménagement
  • Professeur de la Faculté des sciences de l’éducation
  • Chargé de cours du Département des sciences biologiques (Faculté des arts et sciences)
  • Représentant étudiant
  • Deux conseillers associés au vice-rectorat aux études

Après avoir précisé le mandat du comité et expliqué ses démarches (examen de la situation à l’interne et de la situation dans d’autres institutions), le rapport démontre bien l’utilité des appareils mobiles en classe (prise de notes, autres utilisations pédagogiques, environnement numérique d’apprentissage, augmentation de la motivation, intégration dans le monde du travail), mais aussi ses aspects pernicieux (inattention et distraction des utilisateurs et des autres étudiants, possible limite aux interactions entre enseignants et étudiants, jusqu’au manque de respect).

D’emblée on comprend que le Comité estime qu’il n’est pas besoin d’une nouvelle politique institutionnelle ou l’addition de règlements aux politiques existantes pour réglementer l’usage de ces appareils en classe.  Comme il le remarque « …il semble que relativement peu d’institutions aient adopté une politique, des directives ou des balises de portée institutionnelle.»  Ses membres optent plutôt pour une approche de responsabilité partagée entre enseignants et étudiants, en faisant la promotion de l’intégration pédagogique des moyens technologiques et de la communication claires des attentes.  On propose des recommandations, en souhaitant leur diffusion par une campagne sensibilisation et d’éventuelles activités de formation.

Dans ces recommandations, quelques unes nous ont particulièrement intéressées:

  • « L’utilisation des technologies mobiles en classe devrait être encadrée afin de maintenir un climat propice à l’apprentissage en classe pour tous.»
  • « De manière générale, l’usage des technologies mobiles en classe devrait demeurer en rapport avec les apprentissages visés dans le cours.»
  • « Toute limite à l’utilisation libre des appareils devrait se justifier par des raisons telles que la nature du cours, la pédagogie adoptée, l’atténuation des distractions pour l’enseignant et pour l’ensemble des étudiants, le climat de travail, la qualité des interactions entre les participants. »
  • « L’interdiction d’utiliser en tout temps les technologies mobiles dans un cours doit demeurer exceptionnelle, notamment en raison du fait que la majorité des étudiants utilisent ces appareils pour la prise de notes. La prohibition doit reposer sur des raisons sérieuses et il revient alors à l’enseignant de l’expliquer et de proposer des méthodes permettant d’alléger la prise de notes. »
  • « Les contraintes à l’utilisation libre des appareils peuvent être plus fortes dans des activités de formation comme les ateliers, les laboratoires, les stages et les séminaires. »
  • On propose aux enseignants d’aménager l’utilisation des appareils électroniques par divers moyens comme des « périodes sans technologie » ou des « zones sans appareils » (par exemple à l’avant de la classe), la précision des usages acceptables, etc.
  • Le rapport réaffirme clairement que « Les étudiants doivent obtenir des enseignants l’autorisation explicite d’effectuer, pour leur usage personnel, l’enregistrement d’un cours ou d’une prestation par un enseignant. » Par ailleurs, « La rediffusion de ces enregistrements demeure prohibée. »

Enfin, les recommandations rappellent que plusieurs cas particuliers ou problématiques sont déjà couvertes par des règlements existants comme la Politique cadre sur l’intégration des étudiants handicapés, le Règlement disciplinaire sur le plagiat et la fraude concernant les étudiants de l’Université de Montréal ou même le Règlement disciplinaire concernant les membres du personnel enseignant et les étudiants.

Sources:

Conseil des études de premier cycle, Les technologies mobiles en classe: Encadrer leur utilisation pour soutenir l’apprentissage des étudiants, Université de Montréal, octobre 2013

Sauvé, Mathieu-Robert, « Des «zones sans technologies» dans la classe! », Journal Forum, 28 octobre 2013.

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Jean-Sébastien Dubé

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