Le mois d’Éducation ouverte (ÉO) bat son plein. En 2025, cette initiative est portée par huit organismes et institutions francophones qui ont à cœur l’ÉO et les REL. Conjointement, ils proposent une programmation commune. L’Université de Sherbrooke contribue à cette programmation en offrant quelques activités et webinaires.
Dans ce cadre, le professeur Colin de la Higuera, responsable de la Chaire de recherche UNESCO REL-IA, a quant à lui initié une série de billets de blogues rédigés par des experts de l’éducation ouverte des quatre coins du globe. Cette série s’appelle Les 23 raisons en faveur de l’éducation ouverte. Rédigés, traduits et diffusés dans différentes langues, ces textes sont accessibles aussi en français, quoique plusieurs de ces textes ont été initialement rédigés par des francophones. Ceci est peut-être un signe de l’engouement pour l’éducation ouverte dans la francophonie.
Diffusés graduellement au long du mois de l’ÉO, ce sont déjà dix textes qui sont présentement disponibles. À leur lecture, mes grands constats sont les suivants:
- 1) Le mouvent de l’ÉO et des REL est en bonne santé à l’échelle mondiale. Il est très stimulant de savoir que l’Université de Sherbrooke fait partie de cette mouvance ;
- 2) Les perspectives et préoccupations varient selon les régions du globe. Par exemple, au Canada, la justice sociale et la souveraineté intellectuelle font partie des discours forts, alors qu’ailleurs le discours économique ou l’apport technologique sont davantage mis de l’avant ;
- 3) Il y a une grande disparité parmi les textes de ce recueil, et ce à différents niveaux : ampleur et nature/format des textes, ainsi que le niveau de traitement de l’information. Pas trop choquant pour un blogue, mais ceci apporte des disparités dans l’exercice de lecture ;
- 4) La quantité de raisons (23) me semble élevée et il y a déjà de légères redites parmi les dix premiers textes diffusés.
Des lectures qui valent le clic
Évidemment, je vous invite à lire mon propre billet de blogue (texte #9 aussi disponible via L’éveilleur) qui s’approche davantage d’un bref essai, car j’y explore les relations entre ÉO, REL et développement durable : des thèmes qui font partie de l’ADN de l’UdeS, mais très peu discutés dans la littérature.
La professeure Magdalena Spaude (texte #2) de l’Université de Cologne (Allemagne) aborde les bases : « En quoi les REL contribuent à la qualité des activités d’enseignement-apprentissage ». Texte léger qui s’adresse à un lectorat de personnes enseignantes, ce texte permet de réfléchir aux motivations à utiliser et à partager des REL. En complément à ce texte, celui de la professeure Belén Garcia-Manrubia (texte #4) de l’Université de Murcie (Espagne) met de l’avant les avantages d’utiliser des REL dans son enseignement : agilité dans la mise à jour des contextes, coconstruction des connaissances et apprentissage tout au long de la vie.
La professeure Glenda Cox (texte #1), associée à l’Université du Cap (Afrique du Sud) et titulaire de la Chaire UNESCO sur l’Éducation ouverte et la justice sociale propose un texte très accessible. Elle aborde les principes fondamentaux de l’ÉO : la justice sociale, notamment via les principes de localisation (contextualisation à un contexte précis) et de reconnaissance culturelle. Dans la même lignée, le texte du professeur Robert Farrow (texte #10) de l’Institute of Educational Technology de l’Open University (Angleterre) propose une lecture autour du rôle de l’ouverture dans la lutte pour l’équité dans l’éducation. Une belle réflexion autour de l’apport de l’ÉO et les REL à l’amélioration de l’équité dans nos établissements d’enseignement.
Paul Stacey (texte #5), un acteur incontournable dans l’éducation ouverte dans le ROC (Rest of Canada), nous parle d’autonomie et de souveraineté : sujets qui résonnent dans notre culture franco-canadienne. Son texte « Encourager l’autonomie » aborde à la manière d’un bref essai (parfois philosophique, parfois critique sociale) les motivations profondes de l’être humain à apprendre, à se développer et à innover en tant qu’individu, mais aussi en tant que collectivité. Il met en relief l’unicité de l’ÉO dans le développement de l’autonomie des personnes apprenantes et enseignantes, ainsi que des établissements d’enseignement et aborde timidement les pratiques pédagogiques ouvertes (qui ressemblent beaucoup à ce à quoi l’on réfère lorsque l’on parle des pédagogies actives et de l’apprentissage expérientiel).
Des lectures… en cas de surplus de temps
Lecture facile, le texte de Katalin Monzeger (texte #10), conseillère pédagogique à l’Université de Semmelweis (Budapest, Hongrie), « Contribuer à la réputation de l’Université et de l’école » présente différents arguments qu’un établissement d’enseignement pourrait mettre de l’avant afin de mettre en lumière les principes en appui à leurs initiatives REL. Toutefois, le format court de ce billet m’a laissé un peu sur ma faim. Si, comme moi, vous souhaitiez creuser un peu plus sur les principes en appui aux REL qui peuvent être des leviers à la notoriété d’un programme ou d’un établissement, je vous invite à lire en complément les principes en appui à notre Politique sur l’utilisation et la création de ressources éducatives libres (Politique 2500-052).
En terminant, je ne suis pas certaine de bien saisir le caractère distinctif des textes suivants relativement à l’éducation ouverte. Éducation fermée ou ouverte ne semblent pas distinguer le traitement de sujets comme le « Développement du jugement évaluatif » (texte #6) et « Différencier le vrai du faux dans l’éducation » (texte #7). Bien qu’intéressants, ces textes ne mettent pas nécessairement en valeur une raison distinctive de faire de l’éducation ouverte, mais abordent plutôt un sujet transversal à l’éducation (en mode ouverture ou fermeture).

