Alors qu’un comité sur l’investissement responsable a vu le jour l’an dernier à l’UdeS et que la première stratégie d’investissement responsable de l’UdeS a été adoptée, qu’en est-il du dossier de l’investissement responsable dans les autres universités?
McGill, une première étude dénoncée
Radio-Canada rapportait en septembre dernier que le Sénat de McGill, une instance composée d’une centaine de membres de la communauté universitaire, a adopté une proposition pour que l’Université retire ses investissements du pétrole. Le Committee to Advise on Matters of Social Responsibility (CAMSR) de McGill, une instance qui faire des recommandations en matière d’investissement socialement responsable au Board of Governors (BoG) a récemment annoncé qu’il allait compléter une seconde étude concernant la question du désinvestissement. Le conseil d’administration de l’Université, à qui revient la décision définitive, avait rejeté en 2016 une proposition semblable. « Ils ont très mal géré la situation, dit [le Pr] Gregory Mikkelson. Ils ont produit un rapport pour excuser leur inaction, qui va à l’encontre des standards minimaux de l’intégrité académique. Ils n’y fournissent aucune preuve de ce qu’ils avancent, à une exception. »
Qu’a fait l’Université Laval depuis les deux dernières années?
En février 2017, par la voix de son vice-recteur exécutif et responsable du volet développement durable, Éric Bauce, on annonçait que « L’Université Laval s’engage dans une démarche responsable qui devrait la mener, à terme, à déplacer les investissements de ses fonds de dotation dans les énergies fossiles vers d’autres types de placements, par exemple dans les énergies renouvelables », on peut se demander ce qui a été accompli du côté de cette université.
La réponse est venu de la porte-parole de l’établissement, André-Anne Stewart, qui explique:
«Au cours de la dernière année et demie, l’Université Laval a effectué un important travail de recherche, d’étude et de planification afin d’établir un plan complet en investissement responsable qui permettra notamment d’accomplir l’objectif d’aligner nos investissements sur les objectifs climatiques de manière rationnelle, structurée et prudente, c’est-à-dire sans compromettre la relation risque-rendement».
Cette réponse ne satisfait pas les groupes écologistes qui étaient pourtant aux côtés de l’administration en 2017 lors de la grande annonce :
«Quand l’université dit qu’elle souhaite faire cette opération sans compromettre la relation risque-rendement, elle est déjà en retard. La Caisse gère plus 200 milliards $ par année et elle évalue maintenant ses investissements en fonction du risque, du rendement et de l’impact sur le climat», poursuit-il [Karel Mayrand], estimant que le pétrole va devenir un actif financier risqué.
Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki et diplômé de McGill, qui a retourné son diplôme avec d’autres diplômes en guise de protestation.
À l’UdeS, le concept de laboratoire sur l’investissement responsable prend peu à peu forme
Les travaux du comité sur l’investissement responsable de l’UdeS vont bon train. La Fondation de l’Université de Sherbrooke ainsi que le Régime de retraite y sont rassemblés ainsi que des représentants étudiants du mouvement Solidarité étudiante contre les oléoducs, de même que des chercheurs et étudiants spécialisés dans la question de l’investissement responsable et de la décarbonisation des placements. Alors que le Régime de retraite dévoilait son premier rapport sur l’investissement responsable en septembre dernier, la Fondation vient d’adhérer aux Principes d’investissement responsable de l’ONU. L’ensemble des actions prévues sont présentées dans la stratégie d’investissement responsable.
Sources
Morasse, Marie-Ève, Université McGill: nouvelle fronde pour la fin des placements dans le pétrole. La Presse. 14 septembre 2018.
Oprescu, Laura, CAMSR reconsidering divestment, The McGill Tribune, 27 nov. 2018.
Genois Gagnon, Jean-Michel, L’UL toujours dans les énergies fossiles. Le Soleil. 1er nov. 2018.
