Formation continue • Tendances sociétales

Voir l’occasion plutôt que l’obstacle : changer de regard sur le changement

Pourquoi certaines personnes s’investissent-elles spontanément dans un changement organisationnel alors que d’autres traînent les pieds, voire résistent? C’est à cette question que s’est intéressée Alexia-Maria Morena dans son mémoire doctoral, réalisé sous la direction d’Irène Samson, professeure de psychologie à la Faculté des lettres et sciences humaines. 

Pour mieux comprendre ce qui pousse les individus à soutenir une transformation organisationnelle, la chercheuse s’appuie sur un modèle qui distingue trois formes d’engagement (Herscovitch & Meyer, 2002).

  • L’engagement affectif se manifeste lorsqu’une personne adhère au changement parce qu’elle en perçoit les bénéfices.
  • L’engagement de continuité repose plutôt sur un calcul des coûts associés au fait de ne pas suivre le mouvement.
  • Enfin, l’engagement normatif découle d’un sentiment de responsabilité ou de devoir envers l’organisation. 

Alors que plusieurs travaux se sont intéressés aux conditions organisationnelles favorisant l’adhésion au changement, cette recherche met les projecteurs sur les caractéristiques individuelles. Un constat se démarque particulièrement : les personnes résilientes sont plus susceptibles de développer un engagement affectif envers le changement. En d’autres mots, celles qui parviennent plus facilement à s’adapter aux imprévus, qui gardent confiance en leurs capacités et qui envisagent l’avenir avec optimisme, ont davantage tendance à voir les possibilités qu’apporte une transformation plutôt que les obstacles qu’elle représente. 

La bonne nouvelle? La résilience n’est pas une caractéristique figée. Les résultats suggèrent qu’elle peut être renforcée, notamment par le coaching et d’autres démarches favorisant l’efficacité personnelle, le sentiment de contrôle, l’empathie ou encore un meilleur équilibre entre les sphères de vie. Pour les organisations, le message est clair : favoriser l’engagement envers le changement ne passe pas seulement par une bonne stratégie de communication ou une gestion de projet efficace. Miser sur la capacité d’adaptation des personnes fait aussi partie de l’équation. Une piste qui n’est pas étrangère au Centre universitaire de formation continue (CUFC), où le coaching est abordé comme un levier concret pour accompagner le développement professionnel et soutenir l’adaptation aux changements. Entre voir une vague arriver et se sentir capable d’y faire face, on constate souvent toute la différence entre résister au changement et s’y engager pleinement.


Référence:  Morena, A.-M. (2023). Personnalité et engagement envers le changement organisationnel : émergence de profils individuels. Mémoire doctoral, Université de Sherbrooke, 129 p. 

 

L'apprentissage intégré au travail est-il toujours équitable?
+ posts

À propos de l'auteur

Marianne Morier

Laisser un commentaire