Si la disponibilité peut être envisagée du côté des personnes formatrices, comme le propose la réflexion « Être disponible sans être à disposition » (de ma collègue Mélodie Chauret), elle mérite également d’être regardée du côté des personnes étudiantes.
« Être disponible » ne se résume pas à être accessible ou à répondre rapidement aux autres, mais renvoie aussi à une attention réellement tournée vers l’autre, ce qui est difficile à maintenir lorsque les sollicitations se multiplient. Pour les personnes étudiantes, l’attention est souvent partagée entre les cours, les périodes d’étude, les évaluations et les travaux à réaliser, mais également avec un environnement où les informations, les contenus et les distractions se multiplient.
Faire place à une réelle disponibilité suppose alors de réserver des espaces où les personnes étudiantes peuvent expérimenter, laisser mûrir leurs idées en exerçant leur attention en profondeur. Ces moments, moins balisés, leur donnent la possibilité d’explorer, de faire des choix et de construire progressivement leur propre rapport à leur parcours. Ils peuvent ainsi contribuer à développer leur autonomie et leur capacité à prendre une part active dans leurs apprentissages.
Cette réflexion soulève une question intéressante :
Dans nos parcours où les personnes étudiantes sont fortement sollicitées, quelle place faisons-nous à ces moments où elles peuvent être disponibles à elles-mêmes, prendre du recul et laisser émerger quelque chose de nouveau?
À lire dans Thot Cursus, un dossier sur la « Disponibilité appréciée ».
