Développement durable Tendances sociétales

La justice cognitive peut-elle contribuer à la transition socioécologique ?

Clément Moliner-Roy

Dans son essai de maîtrise, Clément Moliner-Roy investigue comment les institutions membres du réseau d’enseignement supérieur Ecoversities Alliance contribuent à la transition socioécologique par la promotion de la justice cognitive. Étudiant-chercheur depuis ses études de baccalauréat en écologie humaine au College of the Atlantic, M. Moliner-Roy parcourt le monde à la recherche de pratiques à contre-courant, afin de nourrir la créativité et l’innovation en éducation. Sous forme d’étude de cas, son essai présente des initiatives éducatives qui divergent (radicalement) des approches dans lesquelles nous évoluons. L’Université de Sherbrooke se questionne sur la manière de préparer les personnes étudiantes à devenir des citoyennes et des citoyens écoresponsables qui influeront sur les sociétés de demain. Je vous propose donc de découvrir les travaux de ce chargé de cours et d’explorer ce qui fait la singularité de ces « écoversités ».

Tout d’abord, le réseau Ecovertities Alliance n’a rien d’homogène. Il regroupe 260 alternatives d’enseignement supérieur à travers le monde. Ses membres ont cependant en commun d’interroger la place dominante de la rationalité occidentale au sein des institutions d’éducation supérieure, ainsi que d’agir en faveur d’une diversité de systèmes de connaissance et de manières d’être en relation. Le constat à la genèse de cette étude étant en effet que…

« …[L]a rationalité moderne occidentale soutient plusieurs des crises sociales et écologiques auxquelles nous sommes actuellement confrontées »

et

« qu’en survalorisant les façons d’être et de savoirs occidentaux au détriment d’autres, les établissements d’éducation supérieure peinent à incarner les changements nécessaires… » (Moliner-Roy, 2025; mes emphases).

La justice cognitive, quant à elle, reconnait le droit aux différentes formes de savoirs à coexister. Si cette reconnaissance des savoirs locaux, autochtones, oraux et des rapports à la nature réciproque est de plus en plus promue comme un levier permettant de faire advenir la durabilité au sein de nos sociétés, comment passe-t-on d’une vision à une incarnation de ces valeurs au sein d’une institution d’enseignement ?

Dans son article « À contre-courant pour développer des alternatives en enseignement supérieur », Moliner-Roy présente des récits de développement d’écoversités, illustrant les mécanismes de cette transformation, les écueils et les résistances rencontrées. Financement, tarification flexible, alternatives aux diplômes, dépendance à la modernité, traduction interculturelle, place des langues autres que coloniales, délégation du pouvoir décisionnel, compétences à développer sont parmi les thèmes explorés.

Je remercie Clément Moliner-Roy de transformer ses préoccupations profondes envers la justice et l’écologie en questions de recherche et ainsi d’ouvrir des fenêtres sur ces alternatives.

Références :

Moliner-Roy, C. (2025), Interventions ontologiques et épistémologiques en enseignement supérieur pour la justice cognitive : étude de cas du réseau Ecoversities Alliance. Essai. https://usherbrooke.scholaris.ca/items/0e22a201-6c48-4665-a580-056db30ccdd3

Moliner-Roy, C. (2025), Interventions ontologiques et épistémologiques en enseignement supérieur pour la justice cognitive : étude de cas du réseau Ecoversities Alliance. Présentation PPT de soutenance commentée (29 min). [Communication personnelle].

Moliner-Roy, C. (2024), « À contre-courant pour développer des alternatives en enseignement supérieur ». Ecoversities. En ligne :  https://ecoversities.org/a-contre-courant-pour-developper-des-alternatives-en-enseignement-superieur/

 

Lancement d’une consultation sur la transition socioécologique en enseignement supérieur
Augmentation des inscriptions dans les cégeps pour la rentrée 2025
+ posts

À propos de l'auteur

Marianne Guilmette

Laisser un commentaire