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Rapport Coursera : l’IA au cœur de la vie universitaire

L’intelligence artificielle est au cœur de la vie quotidienne sur les campus. C’est le constat principal du rapport AI in Higher Éducation publié par Coursera. Basé sur une enquête menée auprès de 4 261 personnes étudiantes et enseignantes provenant de cinq pays (Royaume-Uni, États-Unis, Inde, Mexique, Arabie saoudite), ce document brosse le portrait des attitudes et des tendances liées à l’utilisation de l’IA dans l’enseignement supérieur, en plus de mettre en lumière les risques qui y sont associés.

La quasi-totalité des personnes répondantes déclarent utiliser l’IA dans leur travail académique, et une large ma=jorité en perçoit les bénéfices. Malgré l’enthousiasme, des inquiétudes quant à l’intégrité académique, à la gouvernance et à l’interaction humaine ont été soulevées. En voici quelques points saillants.

Adoption massive et avis globalement favorable

Le premier constat du rapport est sans appel : 95 % des personnes enseignantes et 97 % des personnes étudiantes consultées déclarent utiliser l’IA au moins de temps en temps. Moins de 5 % des personnes interrogées dans chacun des pays se décrivent comme étant des non-utilisatrices. L’IA ne se limite plus aux outils comme ChatGPT ; elle est désormais intégrée aux systèmes d’exploitation, navigateurs, suites bureautiques, etc.

Le sentiment est favorable : 81 % des personnes ayant répondu estiment que l’IA a un impact positif sur l’enseignement supérieur. Les étudiantes et étudiants se montrent légèrement plus enthousiastes (83 %) que le corps enseignant (77 %), et les plus jeunes (18-24 ans) affichent un taux d’approbation de 83 %, contre 59 % chez les 55 ans et plus.

Sur le plan géographique, l’Arabie saoudite (91 %) et l’Inde (87 %) se démarquent par leur enthousiasme pour l’intelligence artificielle, tandis que le Mexique présente le taux d’enthousiasme le plus bas (73 %).

Quant aux résultats concrets, 80 % des personnes étudiantes disent que l’IA a amélioré leurs notes, et 35 % d’entre elles parlent d’une amélioration « substantielle ». Environ 70 % des personnes qui ont répondu croient également que l’IA les aidera à mieux « performer » lors des examens.

Quelques bénéfices perçus

Lorsqu’on leur demande de citer les principaux avantages de l’IA, les personnes interrogées mettent en évidence quatre bénéfices majeurs :

  • Apprentissage personnalisé, mentionné par 47 % des répondants ;
  • Accroissement de la productivité et de l’efficacité, évoqué par 41 % des sondés ;
  • Soutien amélioré (ex., agents pédagogiques, 24/24), évoqué par 41 % ;
  • Rétroaction en temps réel, citée par 36 % des personnes interrogées.

Comment les personnes étudiantes et enseignantes utilisent-elles l’IA au quotidien ?

Du côté des personnes étudiantes

Selon le rapport, l’utilisation de l’IA par les personnes étudiantes est ciblée et stratégique, plutôt que systématique. La majorité (63 %) utilise l’IA pour moins de la moitié des tâches académiques, et seules 5 % déclarent y recourir pour plus de 80 % de leur travail.

Les usages les plus courants sont

  • la recherche (51 %),
  • la rédaction de dissertations et de travaux (49 %),
  • la création de tests pratiques (46 %),
  • la gestion du temps (44 %) et
  • la révision pour les examens (44 %).
Du côté des personnes enseignantes

Il semble que 95 % des personnes s’engagent dans l’utilisation de l’IA de temps à autre, tandis que 30 % l’utilisent de manière régulière.

Les applications les plus courantes sont

  • la préparation de devoirs (34 %),
  • la planification de cours et de tutoriels (33 %),
  • la rédaction de messages (33 %),
  • la gestion du temps (33 %) et
  • la correction et la notation (30 %).

Risques perçus 

Bien que l’enthousiasme soit présent, le rapport souligne trois grandes sources d’inquiétude qui demeurent constantes, indépendamment du pays, du genre et de la tranche d’âge.

  • Premièrement, 37 % craignent que l’IA réduise les interactions humaines et érode les compétences interpersonnelles, puisque cela pourrait diminuer le temps consacré à la collaboration avec les pairs et les personnes enseignantes.
  • Deuxièmement, la tricherie et le plagiat inquiètent aussi 37 % des répondants. Ce chiffre prend tout son sens lorsqu’on apprend que 24 % des étudiants admettent avoir soumis un travail généré par l’IA sans l’avouer. Un fait intéressant : selon le rapport, les personnes étudiantes sont plus inquiètes de cette dimension que les personnes enseignantes.
  • Troisièmement, la protection de la vie privée est une préoccupation pour 35 % des personnes répondantes.

Déficit de gouvernance

L’un des constats les plus saillants du rapport est le fossé entre l’adoption rapide de l’IA et la lenteur des réponses institutionnelles. Seul 26 % du personnel enseignant a déclaré que son université possède une politique formelle régissant l’usage de l’IA. Par ailleurs, 52 % estiment que le système d’enseignement supérieur de leur pays n’est pas prêt à gérer l’IA. En outre, 60 % pensent qu’une IA non réglementée finira par miner la crédibilité des diplômes universitaires.

Seul 28 % du personnel enseignant croit que leur université est préparée à intégrer l’intelligence artificielle, et le même pourcentage affirme que leur établissement a incorporé la littératie en IA dans son programme d’études.

Selon le document, le défi le plus urgent pour les établissements est de concilier une adoption quasi universelle avec une gouvernance encore embryonnaire.

Regards croisés

Le rapport fournit également des aperçus par pays, mettant en évidence des différences notables.

  • En Inde, l’optimisme prédomine. En effet, 53 % des personnes étudiantes pensent que l’IA a un impact positif sur leurs études.
  • L’Arabie saoudite détient le taux de sentiment positif le plus élevé (91 %), mais également la plus grande crainte quant à la préparation de ses établissements d’éducation supérieure. 77 % des répondants estiment que leur système n’est pas prêt, contre 56 % en moyenne mondiale.
  • Le Royaume-Uni semble adopter une approche plus pragmatique, avec le taux le plus élevé de politiques formelles en matière d’IA (30 %) et une confiance accrue dans la capacité du système à gérer cette transition.
  • De son côté, le Mexique est légèrement plus sceptique quant à l’impact actuel de l’IA (73 % d’opinions positives). Malgré cela, il fait partie des pays les plus optimistes quant à son potentiel futur (78 % pensent que l’IA améliorera la qualité de l’éducation).
  • Finalement, aux États-Unis, les réponses se situent généralement près de la moyenne mondiale, avec tout de même un retard notable concernant les politiques institutionnelles (20 % seulement).

Source : Coursera, « AI in Higher Education. Insights on Attitudes, Adoption, and Risks from Over 4,200 Students and Educators », octobre 2025. Enquête réalisée par Censuswide.

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À propos de l'auteur

Alexandra Lez

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