Corriger moins est le rêve de toute personne enseignante. Comment est-ce possible d’y arriver? C’est ce dont Marie-Camille Coudert parle dans l’épisode « La correction ne sert à rien (si on s’y prend mal) » du balado ÊtreProf – le Podcast paru le 2 novembre 2025. Dans ce balado d’environ 35 minutes, Mme Coudert, coautrice du livre Évaluons mieux, corrigeons moins, discute de son approche de l’évaluation des apprentissages, qui nécessite moins de correction et qui propose de remettre l’énergie sur l’apprentissage des personnes apprenantes.
Alors que la correction est une des tâches les plus détestées et les plus chronophages en enseignement, l’idée de corriger moins est certainement attrayante, mais elle semble difficile à entendre pour plusieurs personnes enseignantes.
“Quand on dit aux profs « vous allez travailler moins », tout de suite, ils entendent « vous allez baisser en qualité votre travail »”.
Mme Coudert nous invite à revenir à la base de la profession enseignante et de nous poser quelques questions pour corriger moins sans diminuer la qualité de notre travail. Pour elle, « un bon prof, c’est quelqu’un qui travaille normalement, voire peu, pour être ressourcé pour ses élèves ». Ainsi, corriger moins signifierait une diminution du temps accordé à la correction et plus de temps dédié à des tâches plus pertinentes pour l’apprentissage. De plus, moins de correction permet aussi de rendre les copies plus rapidement et de donner une rétroaction à la personne apprenante au moment où c’est encore frais dans son esprit.
“Ce qui compte, ce n’est pas l’histoire que je me raconte avec la copie. Ce qui compte, c’est ce que l’élève fait avec sa copie, avec la correction”.
Marie-Camille Coudert avance que, ce qui prend du temps dans la correction, c’est de prendre une décision. C’est ce qui prend le plus d’énergie cognitive de la part de l’enseignant, alors elle conseille d’en diminuer le nombre. Pour une seule évaluation, si nous nous restreignons à trois ou quatre décisions, le temps passé pour chaque copie diminuera aussi. Il faut toutefois passer d’un paradigme de l’exhaustivité à la promotion de l’essentiel, ce qui peut être déstabilisant pour le commun du personnel enseignant.
Délaissons la correction comme une « posture de maîtrise pour asseoir un pouvoir sur la personne apprenante », et accueillons la posture d’accompagnement de l’apprentissage! Ce sera bénéfique pour l’évolution des personnes étudiantes, mais aussi pour la santé mentale du personnel enseignant.
Pour que ça ne reste pas un vœu pieux, Marie-Camille Coudert propose, dans son livre et dans le balado, des exemples d’application de ce mantra : évaluons mieux, corrigeons moins! Y en a-t-il qui vous semble applicable dans vos cours?
Source: Coudert, M. (2 novembre 2025), « La correction ne sert à rien (si on s’y prend mal) » (baladodiffusion), ÊtreProf – le Podcast, Ausha (durée: 35 min).

