Pédagogique

Et si on cessait de diaboliser les QCM ?

Hier, dans le cadre d’une séance synchrone de l’activité EPU960 — Enseigner au supérieur, nous avons discuté entre collègues des différentes options pour l’évaluation selon différentes cibles d’apprentissage. Lors d’un échange autour des questions de développement, un collègue a partagé Les cahiers du LLL, QCM or Not QCM ? Processus de conception d’une évaluation par QCM pour cesser de diaboliser les fameuses questions à choix multiples (QCM).

J’avoue bien humblement que 1) je n’avais pas encore eu la chance de consulter ce cahier (j’adore la collection, on s’entend !) et 2) j’ai tendance à diaboliser les QCM. Mea culpa ! J’ai donc été fort surprise des différentes pistes proposées par Benoît Raucent et Pascale Wouters. [NDLE: Notre collègue Daniel Genest avait commenté ce même cahier dans sa dépêche « Le QCM: ce mal-aimé toujours aussi populaire » (9 janvier 2022)]


En utilisant la taxonomie de Bloom, les auteurs proposent de réfléchir à l’utilisation de QCM pour évaluer les bas niveaux cognitifs, par exemple pour nommer des faits, décrire un processus, mobiliser des connaissances en vue de résoudre un cas ou établir des liens entre différentes situations. Ils proposent de nombreux exemples de question selon cesdits niveaux. Ils utilisent la pyramide de Miller (1990) en soutenant que les QCM peuvent permettre de valider la maitrise des savoirs (savoir et savoir comment faire).

Les évaluations par QCM sont possibles pour les deux premiers niveaux : le « savoir » et le « savoir comment faire ».

L’idée reste de choisir une modalité pour assurer l’alignement pédagogique selon les acquis d’apprentissage. Benoît Raucent et Pascale Wouters proposent même de réfléchir à des leurres pertinents qui :

  • sont alignés avec vos attendus en termes de maîtrise, participent à tester la maîtrise de l’acquis visé ;

  • permettent de comprendre quel processus a conduit l’étudiant·e à une réponse erronée ;

  • sont formulés sur base des erreurs fréquemment commises par les étudiant·es (et repérées pendant des quizz proposés au cours par exemple) ;

  • peuvent être des affirmations tout à fait correctes mais qui ne répondent pas à la question posée.

Il existe de nombreux types de questions — comparaison entre deux processus, carte conceptuelle, classement, analyse à partir d’un élément visuel, texte à trous, appariement, etc. — que les auteurs illustrent afin d’expliciter le champ des possibles par des exemples concrets. Le cahier regorge de propositions pour rédiger les questions, mais également les réponses.

Alors que certaines personnes enseignantes se préparent justement à finaliser les évaluations de mi-session, je retiens la possibilité d’impliquer les personnes étudiantes dans la création des questions QCM en leur posant une simple question :

« Et si j’étais l’enseignant·e, quelle(s) question(s) pourrais-je formuler pour cette partie ? »

Et l’IA dans tout ça ?

Le document ayant été publié en 2020, il n’y est pas question d’IAg. Pour faire face à ces nouveaux enjeux, nos collègues de HEC Montréal proposent de poser des questions précises sur des discussions ayant eu lieu en classe.  Pour ma part, je me permets de suggérer…

  • d’utiliser une minuterie sur Moodle,
  • de tester les réponses de l’IAg — pourquoi ne pas les utiliser comme leurre ? —,
  • d’utiliser la triangulation des résultats, c’est-à-dire utiliser plus qu’une évaluation.

Bien entendu, les QCM pourraient être proposés dans le cadre d’une évaluation formative et non sommative.

Dans tous les cas, que l’on soit « QCM or Not QCM ? », l’évaluation doit être au service de l’apprentissage !

Source: (2020) Malcourant, E. (sous la direction de), QCM or Not QCM ? Processus de conception d’une évaluation par QCMLes cahiers du Louvain Learning Lab, PUL, 68 p. [document PDF téléchargeable]

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Constance Denis

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