Alors que l’ORES (Observatoire de la réussite en enseignement supérieur)1 publie son dernier numéro, trois auteurs proposent d’étudier la question: Quels rôles jouent les pratiques enseignantes dans la réussite étudiante en première année d’université ?
D’abord, ils rapportent que trois facteurs expliquent la réussite étudiante en enseignement supérieur:
1) les caractéristiques des étudiants et étudiantes : le genre, le statut socioéconomique, les résultats au secondaire, etc.
2) les facteurs psychosociaux : l’engagement, les émotions, les croyances en l’efficacité personnelle, etc.
3) l’environnement d’apprentissage : les dispositifs pédagogiques, les caractéristiques du cours et les pratiques enseignantes, etc.
L’idée est donc mettre l’accent sur le trois facteurs sur lequel nous avons du contrôle à titre de personnes enseignantes.
Les auteurs rapportent que les pratiques enseignantes se divisent en quatre types:
- le soutien socioémotionnel pour favoriser un climat positif
- la gestion de classe pour rendre le cours productif et motiver les étudiants et étudiantes
- le soutien pédagogique pour favoriser la compréhension de chaque apprenant et apprenante
- l’activation cognitive pour faire réfléchir les étudiants et étudiantes en profondeur
D’après leur recherche, « le soutien pédagogique (β=.47 ; p<.01[1]) et le soutien socioémotionnel (β=.36 ; p<.01) sont positivement associés à la réussite lors de la première année d’études à l’université ». Alors qu’une « trop grande attention sur la gestion de classe est négativement associée à la réussite des personnes étudiantes (β=-.22 ; p<.01) ».

Cinq pratiques susceptibles de favoriser l’engagement, la motivation et la compréhension en profondeur du contenu des cours (tirée de l’article)
Concrètement, les personnes enseignantes peuvent porter une attention particulière à la flexibilité dans leur cours, la clarté de la structure ou l’identification des attentes. Autrement, les auteurs proposent de laisser plus de choix aux personnes étudiantes (visiter ou revisiter la motivation selon Viau!) et d’éviter les comparaisons entre les personnes étudiantes.
Pour contrer les effets d’une trop attention quant à la gestion de classe, il importe d’éviter des consignes trop strictes limitant du même coup les interactions en classe. Finalement, il parait « intéressant que la personne enseignante travaille à la fois sur ses pratiques en classe et les outils pédagogiques qu’elle va proposer aux personnes étudiantes ».
Note
1 En raison de la non-reconduction de l’entente de financement avec le ministère de l’Enseignement supérieur, l’ORES cessera ses activités à compter du 1er avril 2025 (tiré de l’Info-ORES! du 27 mars 2025)
Source :
De Clercq, M., Jacquemart, J. et Galand, B. (2025). Quels rôles jouent les pratiques enseignantes dans la réussite étudiante en première année d’université ? Relais. La revue de vulgarisation scientifique sur la réussite en enseignement supérieur, 12. https://oresquebec.ca/relais/quels-roles-jouent-les-pratiques-enseignantes-dans-la-reussite-etudiante-en-premiere-annee-duniversite/

