Brève Intelligence artificielle Tendances sociétales

Quel intérêt y’a-t-il à lire des textes générés par IA?

En parallèle avec le billet de mes collègues Thomas Méchineau et Alexandra Lèz sur les raisons de non-utilisation des IAg en formation supérieure, je découvre dans l’infolettre Téléscope de la Société des demains ce texte inquiétant du journaliste Hubert Guillaud (que je lisais avec intérêt sur InternetActu) intitulé « C’est de l’IA, je ne l’ai pas lu ».

Guillaud y réfléchit à l’apparition de l’acronyme « AI;DR » pour « AI, didn’t read » comme le symptôme du bris d’un « contrat social » que supposait l’écriture d’un texte (et son éventuelle lecture). En effet, il semble que de plus en plus de gens expriment par cet acronyme un certain haut-le-cœur face à la multiplication des textes générés par IA dans nos communications. Comme le résume fort bien un développeur cité par Guillaud: « Pourquoi devrais-je me donner la peine de lire quelque chose que personne d’autre n’a daigné écrire ? » [italique dans le texte original].

Guillaud s’inspire de l’écrivain Alberto Romero pour qui « nous passons d’un monde où la longueur d’un texte constitue un obstacle à la lecture, à un monde où le manque d’implication humaine devient un obstacle supplémentaire » [nos emphases] . En d’autres mots, « [n]on seulement nous sommes cernés par plus de contenus que jamais, mais nous sommes en même temps confrontés à une forme de post-alphabétisation où l’écrit lui-même semble de plus en plus décrédibilisé par son automatisation. » [nos emphases]  À terme, ce serait la valeur même de la parole (parlée ou écrite) qui en souffrirait: « Lorsque nous parlons, nos mots nous engagent dans un contrat social implicite. Ils nous exposent au jugement, aux représailles, à la honte et à la responsabilité. […] Avec les chatbots, la parole n’est plus que procédurale. »

Et Guillaud de conclure : « Nous sommes en train de passer du pourquoi écrivons-nous à pourquoi lisons-nous, comme si le cœur même de la connaissance n’avait plus de sens, ni pour les autres ni pour nous. »

Source: Guillaud, H. (3 avril 2026), « C’est de l’IA, je ne l’ai pas lu », Cafeia.org.

Les raisons de non-utilisation de l'IAg en enseignement supérieur
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À propos de l'auteur

Jean-Sébastien Dubé

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