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Interne: Université de Montréal – conclusions de la consultation

En mars dernier nous faisions état de la démarche de consultation interne qui s’était amorcée à l’UdeM, avec à la clé la possibilité de voir des refontes importantes comme des fusions de facultés. L’Institut du Nouveau Monde a remis un rapport préliminaire au vice-recteur Gérard Boismenu:

« Il ressort de cet exercice que les trois principales forces de l’Université sont :

  • La diversité de son offre de formation, l’étendue du choix de disciplines offertes ;
  • Le fait qu’il s’agisse d’une grande université de langue française ;
  • Sa bonne réputation au niveau local aussi bien qu’à l’étranger.

Les trois principales faiblesses identifiées rejoignent les commentaires récoltés grâce au questionnaire en ligne, à savoir :

  • La lourdeur administrative ;
  • Le travail en silo ;
  • Le manque de communication à l’interne et vers l’externe. » (INM, 2016, p.12)

A priori, rien de très exceptionnel dans une consultation organisationnelle…

Voici les six priorités de la communauté universitaire qui ont été identifiées par cette consultation:

  • Collaboration et interdisciplinarité
  • Gouvernance et gestion administrative
  • Relations avec la communauté environnante et partage des connaissances
  • Identité et sentiment d’appartenance
  • Enseignement
  • Le numérique

Nous nous sommes attardés à ce que le rapport détaille pour ces deux derniers points.  Ici non plus pas de grandes surprises. D’après le sondage en ligne, pour améliorer l’enseignement l’UdeM devrait:

  • encourager la participation des enseignants, des étudiants et des chercheurs dans des réseaux internationaux (88 %),
  • offrir des programmes proposant plus d’opportunités de stages et de travaux pratiques (88 %),
  • développer des programmes de formation interdisciplinaire (85 %),
  • améliorer l’exposition et l’expérience de la recherche à tous les cycles de formation (84 %)
  • diversifier et augmenter l’offre de formation continue (81 %)
  • offrir des activités de formation dans une langue autre que le français (34 %)

Et les réponses aux questions ouvertes mentionnent:

  • « …[des] difficultés liées au manque de ressources disponibles, à la non-qualité des locaux et des équipements, à l’augmentation du nombre d’étudiants par classe,»
  • « …que l’on privilégierait l’embauche de chargés de cours plutôt que de professeurs / on ne soutient pas adéquatement les chargés de cours dans leur travail. »
  • « …que trop de professeurs privilégient la recherche au détriment de l’enseignement et l’Université encouragerait cette hiérarchie.»
  • « …la nécessité de hausser les exigences autant pour l’embauche d’enseignants qu’envers les étudiants pour rehausser la qualité des diplômes. »

« Il ressort de la consultation que l’on privilégierait une pédagogie plus interactive, plus moderne, plus diversifiée incluant l’usage des technologies de la communication, l’enseignement en petits groupes dès le premier cycle, la visioconférence avec des professeurs d’autres universités. » (INM, 2016, p.22)

Alors que le thème de l’expérience étudiante semble transversal aux consultations tant chez les étudiants que chez les autres catégories de personnel, il est aussi révélateur de constater que certains thèmes ont peu été abordés:

« Il est intéressant de noter que, en dépit de la révolution numérique en marche, ce thème soit celui qui, tout en étant abordé par les participants, est celui qui retient le moins leur attention. Le panel chargé de réfléchir aux enjeux de la collaboration et de l’interdisciplinarité a d’ailleurs suggéré que la question du numérique, et plus largement les concepts reliés à la « science ouverte » fassent l’objet d’un exercice supplémentaire de délibération.

Il faut noter l’absence de cette liste de la question large de la recherche. La recherche est abordée indirectement dans le thème de l’interdisciplinarité, à travers des réflexions sur l’enseignement et le partage des connaissances. Il y aurait sans doute lieu de revenir sur ce thème. » (INM, 2016, p.10, nos emphases)

Rappelons toutefois – comme le fait d’ailleurs l’INM dans son rapport – que « Le 22 février, le Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM) a publié une lettre ouverte par laquelle il conteste la démarche entamée et appelle à son boycott.  […] Nous constatons cependant que des professeurs ont participé aux forums de discussion et ont participé au panel représentatif de la communauté universitaire sur le thème de la collaboration et de l’interdisciplinarité… » (INM, 2016, p.6)

Éric Martin de l’IRIS met également en doute le réel impact de cette consultation compte tenu que « [l]es universités cherchent désormais à s’adapter à un environnement compétitif international… » (2016, p.2):

« Certes, l’UdM, assistée par l’Institut du Nouveau Monde (INM), organise une consultation de la communauté universitaire pour sonder l’opinion de ses membres sur la transformation institutionnelle. Ceci dit, la direction générale de l’opération est tout de même orientée normativement, puisqu’elle affirme clairement la nécessité d’une « adaptation proactive » aux « défis auxquels [l’université] fait face en tant qu’université de calibre mondial ». Or, ces termes renvoient, comme on le verra, à une conception spécifique de ce que devrait devenir l’université pour s’intégrer à l’économie du savoir mondialisée. De plus, le recteur Guy Breton a annoncé que « le statu quo est un risque trop grand à prendre ». (Martin, 2016, p.4, nos emphases)

Sources: 

« Un des grands messages de la Transformation institutionnelle: “Continuez à nous consulter!”», UdeMNouvelles, 

Institut du Nouveau Monde (INM), Rapport synthèse de consultation – Version préliminaire, 16 mai 2016, 58 p. [document PDF]

Martin, Éric, L’Université globalisée – Transformations institutionnelles et internationalisation de l’enseignement supérieur (note socio-économique), Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), 6 avril 2016, 20 p.

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Jean-Sébastien Dubé

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