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Interne: EMLyon invente “l’école avec un CDI” (contrat à durée indéterminée)

Suggéré par Sonia Morin, une entrevue d’Olivier Rollot avec Bernard Belletante, directeur général de l’EMLyon. En partenariat avec Adecco et IBM, cette grande école est à mettre sur pied un dispositif où les étudiants finirait essentiellement leur cursus en entreprise.

“…Les étudiants de deuxième et troisième année de notre programme grande école qui souhaitent entrer dans le dispositif « Ecole dans l’entreprise » vont pouvoir passer 80% de leur temps dans une entreprise dans le cadre d’un CDI passé avec Adecco. Ils seront payés 100% du Smic [salaire minimum] lorsqu’ils sont en entreprise, 80% pendant leurs périodes sur le campus, et la moitié de leurs frais de scolarité seront pris en charge. Ce cursus durera 2 ans et ne comprendra pas d’année de césure. Les étudiants s’engagent ensuite à rester dans l’entreprise qui les a employés pendant deux ans ou, sinon, à payer un dédit formation. Nous inventons l’école avec un CDI et nous améliorons la fluidité de l’emploi en diminuant les frais de scolarité. Nous pensons monter à 350 étudiants en tout d’ici 3 ans.” (Rollot, 2016, nos emphases)

Au-delà d’une simple formule stages-études, il nous apparaît que l’on assiste peu à peu à une véritable virtualisation du campus.  D’ailleurs, ce type de formation serait impossible sans le soutien d’une structure informatique qui permet d’être à l’université partout et en tout temps.

“La mise en œuvre du dispositif « Ecole dans l’entreprise » est notamment possible grâce à notre partenariat avec IBM qui supprime les contraintes de temps et de présence sur les campus. Les outils que nous développons avec IBM permettent d’accéder à distance au même environnement de travail collaboratif de partout dans le monde. Nos étudiants européens, chinois et africains retrouvent ainsi le même univers qu’ils soient sur leur campus d’origine, à domicile ou en mobilité dans un autre pays.

[…] Ils sont également présents dans notre conseil d’administration ce qui en fait bien plus que des fournisseurs. Nous sommes d’ailleurs très en phase avec leur vice-présidente monde chargée de l’éducation, Catherine Fraser. Notre partenariat ira même jusqu’à installer ce que nous appelons des « pop up campus », des campus éphémères, dans les locaux d’IBM partout dans le monde.” (Rollot, 2016)

Que l’on soit d’accord ou non avec la perspective d’avoir un bon nombre de ses étudiants répartis dans divers milieux de travail, Bernard Belletante touche à quelque chose d’assez fondamental quant il affirme:

“Aujourd’hui on mesure l’intelligence par le degré de connaissances dans un domaine précis. Demain on l’analysera par la capacité à agir là où on ne connaît pas les dossiers. […] Dans le monde de l’enseignement supérieur, on change peu à peu de paradigme avec un apprentissage par l’action de plus en plus important. Dans les sciences de l’éducation il faut de plus en plus travailler sur le « mapping » des connaissances. […] Notre responsabilité est de former des jeunes qui posséderont une intelligence qui leur permettra de réagir au mieux face à une situation inconnue…” (Rollot, 2016, nos emphases)

Source: Rollot, Olivier, « L’EMLyon propose une révolution pédagogique, économique et sociale », Il y a une vie après le bac, Le Monde, 6 janvier 2016

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Jean-Sébastien Dubé

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