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Qu’est-ce qu’une relation « parasociale » ? (mot de l’année 2025)

C’est le journaliste Alexis De Lancer des Décrypteurs à Radio-Canada qui m’a mis sur la piste de ce concept que plusieurs personnes de mon entourage connaissaient déjà.  Dans leur infolettre du 27 décembre 2025, trois des membres de l’équipe des Décrypteurs présentent leurs « mots de 2026 ».  M. De Lancer a choisi le mot retenu par l’équipe du dictionnaire Cambridge pour 2025. « Parasocial » est un adjectif…

« impliquant ou se rapportant à un lien que quelqu’un ressent entre lui-même et une personne célèbre qu’il ne connaît pas, un personnage d’un livre, d’un film, d’une série télévisée, etc., ou une intelligence artificielle » (involving or relating to a connection that someone feels between themselves and a famous person they do not know, a character in a book, film, TV series, etc., or an artificial intelligence) [traduit avec DeepL.com]

Le mot n’est pas nouveau, puisqu’il a été développé dans les années 1950 en marge d’études sur la télévision.  Toutefois, « les bouleversements technologiques des dernières années amplifient plus que jamais l’importance de ce mot et de ce qu’il désigne » explique De Lancer.  Ce qui caractérise la relation parasociale, c’est son asymétrie.  La relation est à sens unique, mais « l’individu ressent un lien avec la figure médiatique en dépit de l’absence totale d’interactions personnelles ».  Le rapport de plusieurs jeunes avec divers influenceurs du web apparaît certainement de cette nature :

« En faisant part sur [les réseaux sociaux] des menus détails de leur quotidien et de leurs états d’âme, des personnalités (dont des influenceurs) peuvent alors aisément alimenter un faux sentiment de proximité et d’intimité. Dans un monde où tout se marchande, la monétisation des relations parasociales relève du jeu d’enfant, ce qui renforce l’asymétrie de ladite relation et le potentiel d’abus. » (De Lancer, 2025)

Comme l’explique la professeure de psychologie sociale expérimentale Simone Schnall (Université de Cambridge) dans une vidéo qui accompagne l’annonce du mot de l’année 2025 par le dictionnaire :  « Nos recherches ont montré que lorsque des adeptes [d’une personnalité publique] sont particulièrement engagés, ils sont prêts à fermer les yeux sur des comportements potentiellement problématiques, ce qui peut conduire à des situations très dangereuses, où [celles-ci] donnent des conseils qui ne sont pas fondés sur des preuves scientifiques réelles. » [traduit avec DeepL.com]

Les recherches pour connaître la signification de ce mot ont été propulsées par divers événements en ligne tout au long de l’année.  Pour l’équipe du dictionnaire, c’est l’arrivée d’agents conversationnels de plus en plus « anthropomorphes » qui a relancé le débat public sur les impacts de ces liens parasociaux sur la santé mentale des individus.  L’équipe a d’ailleurs modifié la définition du mot en septembre 2025 pour en tenir compte. Selon Colin McIntosh, rédacteur en chef du Cambridge Dictionary: « C’est intéressant d’un point de vue linguistique, car ce terme est passé du domaine universitaire à celui de la langue courante, utilisé par les gens ordinaires dans leurs publications sur les réseaux sociaux. Il reflète également l’air du temps en 2025, alors que la fascination du public pour les célébrités et leur mode de vie continue d’atteindre de nouveaux sommets. » [traduit avec DeepL.com, puis ajusté].

La professeure Schnall tente une explication de l’attrait de ces relations parasociales avec des machines…

« Aujourd’hui, la relation parasociale ultime est celle que l’on entretient avec les agents conversationnels basés sur l’IA, qui éliminent complètement la personne physique, mais où il existe toujours des relations parasociales que les gens trouvent, dans une certaine mesure, très significatives. Pourquoi ces relations parasociales semblent-elles si réelles ? La réponse est simple. Parce que nous sommes des êtres sociaux. Notre cerveau a évolué pour être avec d’autres personnes. Être dans un contexte social est la norme. Nous voyons des liens sociaux partout, qu’ils soient réels ou non.

Ainsi, pendant la pandémie, les réseaux sociaux et tous les outils numériques permettant de se connecter avec les autres sont devenus très utiles, très répandus, ce qui a été dans de nombreux cas une évolution très positive. Cependant, comme pour tout le reste, ce type de situation peut alors se transformer en quelque chose de plus négatif lorsqu’il remplace les interactions sociales de la vie réelle. » [Traduit avec DeepL.com, puis ajusté].

L’habitude de rapports parasociaux pourrait-elle finir par teinter les relations humaines bien réelles?  Qu’en est-il du lien pédagogique entre une personne enseignante et des personnes étudiantes, notamment dans des groupes de taille importante?  Comment arriver à personnaliser cette relation?

Sources: 

Les décrypteurs (27 décembre 2025), « Le mot de Jeff: normalisation » (infolettre), Société Radio-Canada, Montréal.

Cambridge Dictionary (s.d.), « Word of the Year 2025 » (éditorial), Cambridge University Press & Assessment.

Cambridge Dictionary (17 novembre 2025), « Why People Form Parasocial Relationships – Cambridge Dictionary Word of the Year 2025 » (vidéo), YouTube, 2 min 55.

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Jean-Sébastien Dubé

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