Dans le débat actuel sur l’apprentissage en distanciel ou en présentiel, un point essentiel souvent évoqué est celui de la présence — non simplement comme présence physique, mais comme relation humaine significative entre personne apprenante et enseignante. Un article de Thot Cursus souligne combien la proximité corporelle favorise l’engagement, la mémorisation et les émotions nécessaires à un apprentissage durable : sans contact direct, les échanges émotionnels sont plus faibles et la dynamique de groupe plus difficile à instaurer.
La distance physique, qu’elle soit réelle ou médiatisée par un écran, crée une forme de distance cognitive et sociale. Selon la proxémique de Hall (2014), plus la distance augmente, moins les interactions profondes sont possibles, car le cerveau perçoit une barrière qui altère la communication et la compréhension. Dans un cadre d’apprentissage, cela se traduit par un manque d’échanges spontanés, de signaux non verbaux nuancés et de moments informels (pauses, discussions hors cours), qui contribuent pourtant à une atmosphère propice à l’apprentissage.
Les recherches contemporaines confirment cette tendance : les étudiantes et étudiants rapportent une meilleure concentration et compréhension en présentiel qu’à distance. L’expression des idées et la communication sont jugées plus efficaces dans un échange face à face (Photopoulus et al., 2023). Souvent, le choix du distanciel reflète un besoin de concilier études et vie personnelle ou professionnelle (Photopoulus et al., 2023).
Il faut reconnaître que la formation à distance peut être optimisée : l’interaction à distance, si elle est bien conçue, peut renforcer le sens d’appartenance et la participation, surtout lorsqu’on utilise des plateformes engageantes ou des technologies immersives comme la réalité virtuelle (Pereya et Paquelin, 2023). Cependant, ces outils ne remplacent pas la richesse sensorielle et émotionnelle du présentiel.
À mon sens, plutôt que d’opposer ces deux modalités, il est urgent de repenser l’apprentissage : une approche comodale ou hybride bien pensée pourrait combiner les forces de chaque format. Cela implique de ne pas simplement transposer en ligne des cours habituellement offerts en salle ou vice versa, mais de concevoir des expériences pédagogiques où la présence — qu’elle soit physique ou virtuelle — est active, visible et significative. Ce qui manque parfois au distanciel, ce n’est pas la technologie, mais une présence incarnée: un engagement partagé et une relation pédagogique humaine.
Référence :
Thot Cursus (10 décembre 2025). Apprendre en distanciel ou en présentiel. cursus.edu
Hall, E. T. (2014). La dimension cachée. Points Essais.
Peraya, D. et Paquelin, D. (2023). Entre société et institutions de formation : les sens de la présence, Distances et médiations des savoirs [En ligne], 43 https://doi.org/10.4000/dms.9539
Photopoulos, P., Tsonos, C., Stavrakas, I. et Triantis, D. (2023). Remote and In-Person Learning: Utility Versus Social Experience. SN computer science, 4(2), 116. https://doi.org/10.1007/s42979-022-01539-6

