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Réussite universitaire : ce que la neuroéducation nous enseigne sur la mémoire et l’apprentissage

Les travaux en neuroéducation, notamment ceux de Steve Masson, professeur-chercheur à l’Université du Québec à Montréal et directeur du Laboratoire de recherche en neuroéducation, ont largement contribué à mieux comprendre comment le cerveau apprend. En s’appuyant sur des données issues des neurosciences cognitives, ces recherches visent à traduire les mécanismes cérébraux de l’apprentissage en pratiques pédagogiques concrètes. Bien que souvent mobilisées dans les ordres d’enseignement primaire et secondaire, ces avancées sont toutes aussi pertinentes pour les étudiantes et étudiants à l’université, confrontés à des volumes importants de connaissances à acquérir et à des exigences élevées d’autonomie intellectuelle.

Comprendre la mémoire : un processus actif

Contrairement à une idée répandue, apprendre ne consiste pas à accumuler de l’information, mais à la transformer et la consolider dans la mémoire à long terme. La mémoire de travail, qui permet de traiter l’information à court terme, est limitée. Sans stratégie active, les contenus étudiés sont rapidement oubliés. Les recherches en neuroéducation montrent que la récupération active – c. à d. tenter de se souvenir sans support immédiat -, est l’un des moyens les plus efficaces pour renforcer les traces mnésiques et favoriser un apprentissage durable.

Espacer les apprentissages pour mieux retenir

Un autre principe clé mis en évidence par la recherche est la répétition espacée. Réviser une notion à plusieurs reprises, en laissant volontairement du temps entre les séances, permet de contrer la courbe naturelle de l’oubli. À l’université, cette stratégie est particulièrement pertinente, car elle s’oppose à la préparation intensive de dernière minute, souvent inefficace à long terme.

Applications concrètes à l’université :

  • Planifier les révisions dès le début de la session, avec des retours réguliers sur les notions vues en cours.
  • Utiliser des outils numériques de cartes mémoire ou de quiz favorisant la réactivation périodique des connaissances.

Apprendre en agissant : la pratique de la récupération

Pour apprendre sur le long terme, les étudiantes et étudiants bénéficieront d’activités qui les placent en position active. Se tester, expliquer un concept à une autre personne, reformuler une théorie avec ses propres mots ou résoudre des problèmes sans consulter ses notes sont autant de pratiques qui sollicitent efficacement le cerveau.

Dans un contexte universitaire, cela peut se traduire par :

  • Des groupes d’étude axés sur le questionnement et l’explication mutuelle.
  • Des autoévaluations fréquentes pour identifier les zones de compréhension fragile.

Structurer l’information pour alléger la charge cognitive

La neuroéducation souligne également l’importance de structurer les contenus. Le cerveau apprend mieux lorsque l’information est organisée en unités cohérentes (morcellement). Les schémas conceptuels, tableaux comparatifs et cartes mentales facilitent l’intégration des connaissances complexes souvent rencontrées à l’université.

Conclusion

En s’appuyant sur les travaux de la neuroéducation, notamment ceux de Steve Masson, il devient possible de mieux outiller les étudiantes et étudiants face aux exigences universitaires. Répétition espacée, récupération active, structuration de l’information et hygiène de vie constituent des leviers concrets pour améliorer la mémoire, approfondir la compréhension et soutenir la réussite universitaire.

Références

Masson, S. (2020). Activer ses neurones : pour mieux apprendre et enseigner: les 7 principes neuroéducatifs. Éditions Odile Jacob.

Miller, A. (2025). De la mémoire à la réussite : stratégies gagnantes issues de la neuroéducation. École branchée.
https://ecolebranchee.com/memoire-reussite-strategies-neuroeducation/

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À propos de l'auteur

Mélodie Chauret

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