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Se dévoiler pour créer du lien avec les personnes étudiantes? Un peu? Beaucoup?

Lorsqu’il est question d’engagement et de réussite étudiante, on mentionne souvent qu’il importe pour l’enseignante ou l’enseignant de créer un lien pédagogique fort avec les personnes étudiantes. Cela requiert souvent de parler un peu de soi; de ses expériences, de ses passions… de ses proches? Qu’est-ce qui est suffisant? Qu’est-ce qui est « trop »?

Jessi Gold est psychiatre et directrice du bien-être au sein du réseau de l’Université du Tennessee.  Elle est également professeure associée de psychiatrie à l’École des sciences de la santé de l’Université du Tennessee. Convaincue qu’il est possible de développer l’habileté à « se révéler adéquatement » (en classe ou ailleurs), elle interviewe Leslie John, titulaire de la chaire James E. Burke d’administration des affaires à la Harvard Business School et auteur d’un ouvrage récemment publié (février 2026), intitulé Revealing: The Underrated Power of Oversharing.

Selon la professeure John, « Si vous n’avez jamais l’impression d’avoir dépassé les bornes, si vous n’avez jamais eu l’impression d’en avoir trop dit, si vous ne vous êtes jamais dit : “Bon, là ça m’a un peu mis dans l’embarras”, c’est que vous n’en dites pas assez ». Elle souligne que nous n’avons pas besoin d’aide pour savoir comment ne pas trop en dire : nous sommes déjà passés maîtres en la matière. Mais nous avons besoin d’aide pour apprendre à reconnaître où commence notre « trop ». Trouver cette limite, voire cet équilibre, constitue une réussite, explique Mme John.

Ces quelques conseils peuvent être extraits de leur discussion:

  1. Se révéler commence par de l’écoute : « Notre premier réflexe est souvent de nous précipiter pour régler les problèmes. John […] recommande plutôt de poser des questions et de laisser l’autre personne prendre les devants. »
  2. Se demander pourquoi (on veut se révéler) : « Le but de ce partage ne doit pas être d’obtenir le soutien, les éloges ou l’approbation de la personne étudiante, mais bien de l’aider. » La professeur John donne l’exemple d’un enseignant qui avouerait avoir aussi été anxieux avant un examen pendant ses études, afin de normaliser cet état d’esprit.
  3. Tenir compte du contexte : « La transparence, c’est expliquer son raisonnement, […] comment fonctionne son esprit. La vulnérabilité, en revanche, c’est partager des pensées et des sentiments intimes. » John rappelle qu’« il n’est pas toujours nécessaire de partager quelque chose de vraiment personnel pour se montrer [plus] humain ».
  4. Se révéler peut augmenter la confiance et favoriser l’échange : Révéler certains aspects de notre vie constitue une « confession catalyste » qui peut amener votre interlocuteur à vous faire confiance à son tour et à se confier plus sincèrement, ce qui permet de l’aider.
  5. Se révéler est une habileté (qui se développe par essais et erreurs) : « On ne connaît vraiment ses limites, ni son niveau de confort, tant qu’on ne les a pas testés. […] En fin de compte, on ne peut pas trouver la méthode idéale pour se révéler sans s’entraîner. »
  6. Demander de la rétroaction et prendre le temps de la réflexion : « Demandez […] à un ami proche ou à votre conjoint de vous observer dans un contexte social. Demandez-lui […] “Penses-tu que je suis allé trop loin ?” et discutez-en. »
  7. Se révéler fonctionne rarement du premier coup : « …[I]l peut arriver qu’une personne étudiante vous confie quelque chose de difficile et que vous ne sachiez pas quoi répondre sur le moment. […] Vous n’êtes pas condamné à ruminer cette situation indéfiniment. Comme le souligne John, vous pouvez aller voir cette personne plus tard pour prendre de ses nouvelles… »

À l’instar de Boucle-d’Or dans le conte des trois ours, il importe de trouver le juste milieu qui nous convienne (ni trop chaud, ni trop froid), illustre Gold en conclusion.

[Citations de l’anglais traduites avec DeepL.com, puis ajustées]

Source : Gold, Jessi (14 août 2026), The “Just Right” Skill of Self-Disclosure, Inside Higher Ed, Washington D.C.

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Jean-Sébastien Dubé

1 commentaire

  • Merci pour cet article. Je partage assez le propos de la professeure John : « Si vous n’avez jamais l’impression d’avoir dépassé les bornes, si vous n’avez jamais eu l’impression d’en avoir trop dit, si vous ne vous êtes jamais dit : “Bon, là ça m’a un peu mis dans l’embarras”, c’est que vous n’en dites pas assez ».
    Développer une bonne qualité de relation permet aux enseignants, aux autres professionnels dans les écoles, de capter les signaux faibles d’engagement des apprenants. Cette bonne qualité de relation permet aussi de “montrer l’exemple” à des apprenants peu expérimentés.
    Mais c’est aussi un vrai exercice sur soi, d’apprendre à nourir la relation, d’aborder chacun avec égalité, de tenter de dépasser nos projections… C’est pour cela qu’ici nous développons le processus du Dialogue inspiré par William Isaacs et mis en pratique par Team Academy Finlande, une école d’entrepreneurs en équipe.
    Au plaisir d’un échange

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