Le Inside Higher Ed lance une série de six balados consacrée aux parcours des personnes étudiantes que l’on qualifie souvent de « non-traditionnels » ou « atypiques », parce qu’elles s’écartent du modèle universitaire d’un jeune de 18-19 ans, qui provient d’un collège et étudie à temps plein en préparation pour une première carrière. On pense, par exemple, aux personnes apprenantes adultes, aux personnes étudiantes qui travaillent, à celles qui sont issues d’autres établissements, aux étudiants-parents, ainsi qu’aux personnes étudiantes de première génération, dont les parcours éducatifs s’écartent du modèle universitaire traditionnel. Le premier balado de la série s’intitule « The Rise of the Nontraditional College Student ». Voici cinq éléments qui en ressortent:
- L’étudiant « traditionnel » n’est plus la norme : Aux États-Unis, une personne étudiante sur cinq combinerait les études avec des responsabilités parentales, une sur 4 serait considérée « apprenant adulte », un nombre important travaille – à temps partiel ou en temps plein – en plus des études. « Parallèlement, le nombre d’étudiants d’âge « traditionnel » est en baisse, ce qui pousse de nombreux établissements à repenser le profil de leur public cible. Pris dans leur ensemble, ces changements expliquent pourquoi l’image classique de l’étudiant « traditionnel » ne correspond plus à la réalité sur de nombreux campus » explique Sara Weissman, journaliste séniore au Inside Higher Ed.
C’est pourquoi Mme Weissman préfère parler d’étudiants « post-traditionnels »: « Cela concerne des millions de nos étudiants. Il ne s’agit pas d’un petit groupe marginal qui ne vit pas cette expérience typique des jeunes de 18 ans, entre résidence universitaire et cursus de quatre ans, et la terminologie que nous utilisons reflète à quel point nous en sommes conscients. » - La vie des étudiants ne se résume pas à des catégories bien définies : Plusieurs de ces personnes étudiantes entrent dans plus d’une « case ». Certaines personnes étudiantes doivent « jongler » avec un travail à temps plein ET des enfants à la maison, tout en étant de la première génération à accéder à des études supérieures. Selon Weissman, « [a]lors que les établissements d’enseignement supérieur se préoccupent davantage de la santé mentale des personnes étudiantes, ils devraient prendre conscience de la manière dont ces responsabilités qui se recoupent influencent de façon particulière le bien-être des étudiants post-traditionnels. »
- Chaque étudiant est confronté à des défis qui lui sont propres, mais les obstacles rencontrés sont souvent les mêmes: Weissman donne l’exemple de la difficulté à accéder aux ressources des campus. « Par exemple, le soutien scolaire et les autres services d’accompagnement académique peuvent être proposés pendant les heures de bureau régulières, ce qui les rend difficilement accessibles aux étudiants qui travaillent à temps plein ou qui s’occupent de membres de leur famille. » Selon elle, on oublie trop souvent de prendre en compte les atouts [que ces étudiants] apportent à l’enseignement supérieur: « Ces groupes d’étudiants font […] preuve d’une véritable ténacité et d’une grande résilience ».
- Pour accompagner les étudiants d’aujourd’hui, il faut repenser les services, et pas seulement en ajouter: Weissman a mentionné plusieurs initiatives visant à permettre aux personnes étudiantes de s’orienter plus facilement dans l’enseignement supérieur. Par exemple, la City University de New York offre un outil accessible au public qui montre les cours transférables entre les 20 établissements de premier cycle du système, ainsi que les crédits nécessaires, selon les exigences spécifiques à chaque diplôme. De même, elle constate le développement de « parcours guidés » qui visent à créer des parcours universitaires plus clairs pour les personnes étudiantes, en particulier celles qui changent d’établissement.
- L’avenir de l’enseignement supérieur nécessite d’aller au-delà du modèle traditionnel de l’étudiant: Pour elle, il est peu intéressant de recruter davantage d’étudiants non traditionnels sans d’abord s’assurer que les établissements sont conçus de manière à leur permettre de réussir. L’enseignement supérieur se sera véritablement adapté aux réalités des personnes étudiantes non-traditionnelles lorsque leurs parcours ne les confronteront plus à plusieurs inégalités persistantes.
Par ailleurs, dans un autre article, on apprend qu’une étude du Community College Research Center révèle que plus de 70 % des étudiants de première génération interrogés ont déclaré s’être tournés vers leurs frères et sœurs, leurs cousins ou d’autres membres de leur famille ayant fait des études supérieures pour obtenir des conseils. Voilà qui remet en cause l’idée reçue selon laquelle les étudiants de première génération n’auraient aucun lien avec l’enseignement supérieur.
À la University of Houston – Downtown, on a mis en place à la fois un « Summer Bridge Program », soit un programme gratuit de cinq semaines destiné à aider tous les nouveaux étudiants à s’adapter à la vie universitaire et le « First-Generation Gator Program », qui propose aux étudiants de première génération des bourses, un accompagnement par des pairs, un accompagnement financier et d’autres formes de soutien destinées à les aider à persévérer jusqu’à l’obtention de leur diplôme [On comprend que des dons philanthropiques soutiennent ce genre d’initiative].
Mme Hope Pacheco, vice-doyenne chargée des étudiants et directrice administrative du Gator Resource Center, explique qu’un des principaux enseignements tirés de ces programmes a été la prise de conscience que le soutien aux étudiantes et étudiants requiert d’impliquer aussi les personnes sur lesquelles elles comptent en dehors des salles de cours.
« Quand je pense au travail et au soutien que nous apportons actuellement, nous avons vraiment pris soin de reconnaître que nos étudiants arrivent à l’université avec une famille, un réseau de soutien, des personnes qui les soutiennent et qui ne sont pas forcément leur famille biologique — il peut s’agir de leur famille élargie ou de leur famille de cœur. Quelle que soit la façon dont ils définissent la famille, nous la reconnaissons. »
Cette idée de prendre en compte le réseau existant de la personne étudiante – notamment en première année et pour les étudiants de première génération – m’apparaît digne de réflexion.
Bay, Joshua (27 juillet 2026), Building a Road Map for First-Gen Students, Inside Higher Ed.
Bay, Joshua (16 juillet 2026), The Rise of the Nontraditional College Student, Inside Higher Ed.

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