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Interne : L’internationalisation à domicile: le recrutement à l’étranger dans les universités canadiennes et québécoises

Invité à prendre la parole à l’occasion de l’ouverture du 45e congrès annuel du Bureau canadien de l’éducation internationale, Ken Steele, vice-président du groupe Academica (un groupe-conseil canadien en matière d’enseignement supérieur) est venu présenter un état de la situation en matière de recrutement d’étudiants internationaux dans les universités canadiennes.

Au travers des statistiques présentées, quelques-unes de ses observations:

  • Résultats globalement encourageants en matière de recrutement des universités canadiennes à l’étranger; on note également bon nombre d’initiatives institutionnelles ou gouvernementales favorables à cette tendance.
  • Recrutement particulièrement efficace auprès des étudiants en administration;
  • Obstacles (resserrement dans l’octroi de visas, hausse des frais de scolarité, conséquences des catastrophes naturelles) auxquels doivent faire face la concurrence favorisent le Canada dans ses efforts en matière de recrutement à l’étranger
  • Nombreux échecs d’universités américaines ayant ouvert des campus à l’étranger démontrent besoin d’une meilleure planification et d’études de marché plus poussées…  Comme celles offertes par le groupe Academica.

Cet intérêt se reflète au Québec, comme en témoigne l’état de la situation en matière de recrutement à l’étranger décrit en septembre dernier dans La Presse et Le Devoir. On y constate notamment une augmentation de près de 40% du nombre d’étudiants étrangers inscrits dans les universités québécoises ces dernières années. Il s’agit principalement d’étudiants français, américains, ainsi que d’un nombre croissant d’étudiants chinois. Du côté des marchés en expansion, les universités anglophones s’intéresseraient de près à l’Inde et au Liban, alors que les institutions francophones orienteraient davantage leurs efforts vers l’Afrique, le Maghreb, le Brésil et le Mexique.

Il semble en outre que cet attrait des étudiants étrangers pour des institutions d’enseignement canadiennes ne soit pas limité qu’aux universités; un article récent du Globe and Mail évoque cette tendance observée dans les collèges canadiens d’établir des partenariats avec des institutions étrangères pour offrir leurs programmes à l’étranger, pour recruter des étudiants internationaux ainsi que pour permettre à leurs propres étudiants de compléter des séjours à l’étranger dans le cadre de leur formation suivie ici. Le Devoir relève également la forte présence des étudiants étrangers dans le réseau collégial.

Par ailleurs, cette présence d’étudiants étrangers a des répercussions à l’extérieur des murs des institutions concernées. La question a notamment été soulevée dans le cadre du colloque Villes de Savoir organisé par le Centre Jacques Cartier, un regroupement franco-québécois d’études, et de recherche. Dans le cadre de sa 24e rencontre annuelle tenue cet automne, un colloque (Villes de savoir – Les enjeux de la mobilité internationale des talents) était consacré à la mobilité des étudiants et des chercheurs. Les participants ont évoqué l’intérêt pour une ville comme Montréal de soutenir les démarches de promotion de ses universités à l’étranger. Ils ont souligné le besoin d’une action concertée et collective, le défi de la mise en place d’une infrastructure d’accueil ainsi que le contexte économique qui explique l’intérêt non seulement d’attirer des étudiants, mais également de les retenir une fois leur diplôme en poche.

Sources:

Ken Steele, « The State of Internationalization in Canada » , Academica Group, 21 novembre 2011.

Pascale Breton, « Les universités accueillent davantage d’étudiants étrangers », La Presse, 6 septembre 2011.

Lisa-Marie Gervais, « Portes ouvertes aux étudiants étrangers », Le Devoir, 3 septembre 2011.

Erin Millar, “Education without borders”, The Globe and Mail, 17 novembre 2011.

Pierre Vallée, « Villes de savoir – Les universités montréalaises accueillent chaque année 30 000 étudiants étrangers », Le Devoir, 17 septembre 2011.

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Catherine Vallières

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