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Interne : Rapport sur l’offre de formation délocalisée : un moratoire de 5 ans est demandé… et rejeté par le MÉLS (mise à jour)

Cirano (Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations) vient de publier (novembre 2011) un rapport sur [l]’offre de programmes universitaires des sites hors-campus au Québec : ampleur, logiques décisionnelles et évaluation de ses impacts.

L’ampleur du phénomène de délocalisation de l’offre de formation universitaire en cette ère où on ne cesse de vanter les mérites de la formation a distance a de quoi surprendre.  Pour l’année 2008-2009, selon les données du GDUNO (Gestion du Dossier UNique sur les Organismes), il y avait plus de 297 sites délocalisés d’enseignement actifs.

Selon ce rapport (p. 4) , il y aurait trois catégories de site délocalisés qui se caractérisent comme suit  :

Point de service Centre de gestion Succursale (logique volume)
Gérance académique 100% université centralisée Prestation : université

Planification : corporation

100% université centralisée
Gérance administrative Université parfois locale Corporation Université permanente, temps plein
Services Rares Assurés par la corporation Partenariats ou universités
Intensité Volume variable Volume variable EEEETP/TTP > 1000
Immobiliers Locaux loués Gérés par la corporation Bâtiment répondant aux besoins fonctionnels de l’université
Professeurs Aucun en résidence Aucun en résidence Professeurs en résidence
Offre de programmes Courts, à temps partiel, rarement exclusifs Tous les types de programmes (à grade et non à grade) Tous les types de programmes (à grade et non à grade), souvent exclusifs
Exemple L’UdeS à Rouyn-Noranda Le CGA des Basses-Laurentides à Sainte-Thérèse L’UQO à Saint-Jérôme

La recherche de Cirano a été effectuée entre mai 2010 et mars 2011 et les données proviennent du MÉLS.

Le rapport comprend une grande quantité de chiffres, que je laisse aux lecteurs le loisir d’analyser, et 7 recommandations :

  1. Imposer un moratoire sur l’ouverture de nouvelles succursales ou l’agrandissement (physique) de succursales existantes
  2. Charger un organisme ministériel ou intermédiaire de suivi de la délocalisation qui ne soit pas la CREPUQ
  3. Attribuer un sigle spécifique à tout programme complets dont la majorité des activités sont délocalisées
  4. Tous les nouveaux programmes dont la majorité des activités sont offertes en délocalisation devraient faire l’objet d’une approbation d’implantation (preuve de pertinence et complémentarité)
  5. Identifier un nouveau niveau intermédiaire qui assumera les responsabilités d’approbation, de suivi et d’évaluation de la formation délocalisée
  6. Impliquer fortement les localités dans la planification de l’offre de formation
  7. Mettre en place une politique portant sur la répartition de l’offre de formation

J’ignore la réputation des travaux du CIRANO, mais le présent rapport me semble à première vue un peu “bâclé” : une syntaxe déficiente; des faits, des chiffres et des arguments difficiles à relier entre eux; un certain manque de logique…  Bref, le manque de lisibilité nuit au rapport.

Radio-Canada en a touché un mot dans ses nouvelles du 28 novembre en précisant que ce rapport a été commandé par le gouvernement du Québec.  Il reste à voir ce que ce dernier choisira de faire.

Aujourd’hui, 30 novembre 2011, dans Le Devoir, on peut lire que la ministre de l’Éducation refuse le moratoire.  Hier, au Téléjournal Estrie de 18h (section 5/8),  le vice-recteur au développement durable et aux affaires gouvernementales, Alain Webster, a donné une entrevue.   L’UdeS est l’université au Québec qui fait le plus de délocalisation : 10 % de ses étudiants sont  délocalisés, et l’UdeS reçoit 17,9M$ des 56,9M$ octroyés par année par le gouvernement pour la formation hors campus.

Sources

Crespo, M., Beaupré-Lavallée, A. et Dubé, S., « L’offre de programmes universitaires des sites hors-campus au Québec : ampleur, logiques décisionnelles et évaluation de ses impacts »,   Cirano,  novembre 2011.

Gervais, Lisa-Marie.  Délocalisation des universités – Il n’y aura pas de moratoire, dit la ministreLe Devoir.  30 novembre 2011.

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Sonia Morin

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