À l’ère des « distracteurs » numériques, comme les smartphones, les notifications et les écrans multiples, la déconcentration généralisée n’est plus une simple image, elle constitue un défi réel pour l’enseignement supérieur. L’article du C-Campus Blog met en lumière les travaux de Jean-Philippe Lachaux, neuroscientifique, qui distingue attention sélective et déconcentration. L’attention n’est pas une donnée statique, mais un processus actif de filtrage des informations pertinentes, indispensable pour apprendre, mémoriser et réfléchir en profondeur.
Dans les milieux pédagogiques universitaires, cette problématique résonne fortement. L’attention sélective volontaire permet aux étudiantes et aux étudiants de focaliser leurs ressources cognitives sur les éléments essentiels d’un cours ou d’un projet, tout en écartant les distractions inutiles. Sans cela, le risque de décrochage, d’engagement superficiel et de mauvaise rétention des apprentissages augmente significativement. Les recherches en sciences cognitives montrent que la capacité à filtrer les stimuli non pertinents est cruciale pour un apprentissage efficace.
L’article souligne toutefois que la capacité à rester attentif ou attentive n’est ni universelle ni permanente. Elle dépend du sens donné à la tâche, du contexte pédagogique et de l’effort cognitif engagé. Par exemple, dans un environnement de formation, un changement de modalité, comme passer d’un exposé magistral à une activité appliquée, ou la création de « bulles attentionnelles » (temps sans sollicitations numériques), peut aider à recentrer l’attention lorsque cela est nécessaire.
Pour le personnel enseignant universitaire, cela implique de concevoir des séquences pédagogiques qui intègrent des moments de recentrage, des supports visuels épurés, des activations régulières de l’attention et des objectifs explicites afin de réduire le bruit cognitif. Cette démarche favorise l’apprentissage en profondeur et soutient l’autonomie des étudiantes et étudiants dans la gestion de leur attention, compétence essentielle dans un monde saturé d’informations.
Référence: Occre, H. (2026). L’attention sélective, un outil anti déconcentration en formation ? C-campus Blog.

