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L’accessibilité numérique : quand de petits gestes changent l’expérience d’apprentissage

Une étudiante ouvre un document de cours sur son téléphone et découvre un texte minuscule, des liens peu explicites et plusieurs informations présentées uniquement en couleur. Un étudiant regarde une vidéo de cours dans un environnement bruyant, sans sous-titres. Une autre personne utilise un lecteur d’écran et constate que les titres du document ne sont pas structurés. Dans chacun de ces cas, le contenu pédagogique existe, mais son accès est entravé.

C’est précisément là que l’accessibilité numérique prend son importance. Elle consiste à concevoir des contenus et des environnements numériques que le plus grand nombre de personnes peut consulter, comprendre et utiliser, y compris les personnes ayant des limitations fonctionnelles ou utilisant des technologies d’assistance. En enseignement supérieur, elle concerne donc autant les documents PDF et les présentations que les vidéos, les plateformes d’apprentissage, les questionnaires et les consignes d’activités.

Pourquoi s’en préoccuper?

L’accessibilité est parfois associée uniquement aux situations de handicap. Or, les obstacles numériques peuvent toucher bien davantage de personnes étudiantes. Une vidéo sous-titrée peut être utile à une personne ayant une déficience auditive, mais aussi à celle qui étudie dans un lieu où elle doit rester silencieuse. Une présentation bien structurée peut faciliter l’utilisation d’un lecteur d’écran, mais elle aide également une personne qui cherche rapidement une information avant un examen.

Dans cette perspective, l’accessibilité n’est pas seulement une question technique ou administrative. Elle devient une question pédagogique. Comme le souligne le Louvain Learning Lab, penser l’accessibilité dès la conception permet de limiter les obstacles et de favoriser la participation.

Pour le personnel enseignant, l’enjeu est donc moins de « produire une ressource parfaite » que de développer progressivement de bonnes habitudes.

Cinq principes pour passer à l’action
  1. Lisibilité – Faciliter la lecture.
    Une page surchargée, une police trop petite ou un texte entièrement en italique peuvent compliquer la lecture. Une mise en page aérée, des paragraphes courts et des titres explicites rendent le contenu plus accessible.

    Exemple : plutôt que de déposer un document de 30 pages sans structure claire, utiliser des niveaux de titres qui permettent de repérer rapidement les différentes sections.

  1. Visibilité – Ne pas dépendre uniquement du visuel.
    Un contraste suffisant entre le texte et l’arrière-plan est essentiel. Il faut également éviter de transmettre une information uniquement par la couleur.

    Exemple : au lieu d’indiquer « les réponses incorrectes sont en rouge », utiliser également un symbole ou une mention textuelle.

  1. Structure – Donner une architecture au contenu.
    La structure aide les personnes étudiantes à comprendre l’organisation de l’information et facilite aussi l’utilisation des technologies d’assistance.

    Exemple : dans Word ou PowerPoint, utiliser les styles « Titre 1 », « Titre 2 » et « Titre 3 » plutôt que de simplement agrandir ou mettre en gras les titres.

  1. Alternatives – Prévoir d’autres façons d’accéder au contenu.
    Une image porteuse d’information devrait être accompagnée d’un texte alternatif pertinent. Une vidéo devrait idéalement être sous-titrée et, selon le contexte, accompagnée d’une transcription.

    Exemple : pour une vidéo de 20 minutes présentant une démonstration, fournir des sous-titres et, lorsque pertinent, une transcription permet aux personnes étudiantes de consulter plus facilement le contenu.

  1. Validation – Tester plutôt que présumer.
    Une ressource peut sembler accessible à la personne qui l’a créée et présenter pourtant des obstacles pour d’autres personnes. Les outils de vérification intégrés à plusieurs logiciels constituent un premier point de contrôle.

    Exemple : avant de distribuer un PDF, vérifier sa structure, l’ordre de lecture et la présence de textes alternatifs. Lorsque possible, demander également une rétroaction à des personnes ayant des besoins ou des usages différents.

Le regard professionnel : commencer petit

Dans les pratiques d’enseignement, l’accessibilité peut rapidement sembler représenter une charge supplémentaire. Une approche progressive peut toutefois être plus réaliste. Pour une première étape, le personnel enseignant peut choisir une ressource à améliorer : le plan de cours, une présentation fréquemment utilisée ou une vidéo.

Un principe particulièrement utile consiste à se demander : « Si une personne ne peut pas voir, entendre, lire ou utiliser cette ressource de la façon prévue, quelles autres possibilités ai-je prévues? »

Cette question déplace le regard : au lieu d’attendre qu’une personne étudiante signale un obstacle, on cherche à le prévenir.

L’accessibilité numérique ne repose donc pas sur une série de contraintes techniques isolées. Elle invite à revoir la conception pédagogique sous l’angle de la diversité des personnes étudiantes. Et souvent, les mêmes choix qui rendent un contenu plus accessible (une structure claire, des consignes précises, des supports variés et une navigation simple) rendent aussi l’enseignement plus efficace pour tout le monde.

Pour aller plus loin :

Ducarme, D. (2026). Les Clés du LLL – L’accessibilité numérique au service de la qualité de l’apprentissage UCLouvain.

Lez, A., et Chauret, M. (2026). La conception d’un site Moodle centré sur l’expérience utilisateur. Dans Face et Pile (Vol. 17). Université de Sherbrooke, Service de soutien à la formation. https://doi.org/10.5281/zenodo.18495744

Service de soutien à la formation (2026). Bonnes pratiques pour accessibilité du contenu dans Moodle. Université de Sherbrooke.

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À propos de l'auteur

Mélodie Chauret

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