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Interne : Les professeurs canadiens seraient les mieux payés

Une étude américano-russe parue la semaine dernière a suscité un certain émoi dans le monde universitaire canadien, alors que ce serait au Canada que les professeurs universitaires seraient les mieux payés de 28 pays analysés, du moins quant à leur pouvoir d’achat.  Dans Paying the Professoriate: A Global Comparison of Compensation and Contracts (Routledge, 2012) Altbach et al. démontrent en effet qu’avec un salaire mensuel moyen de 7 196 $ pour un professeur en milieu de carrière, les universitaires canadiens dépassent les italiens, sud-américains et indiens qui mènent aussi le peloton.  Les américains arrivent en cinquième position.

Les commentaires à cette étude ne manquent pas d’intérêt puisque ces conclusions surviennent à un moment où des hasses de frais sont contestés au Québec et des compressions sont annoncées en Ontario.  Josh Dehaas du Macleans On Campus rappellent que « …70 per cent of new spending by universities in recent years went to salaries and pensions,mostly for existing faculty, according to the Ontario University Student Alliance. » 

Les auteurs de l’étude ne se montrent pas surpris de la performance canadienne, mais sont demeurés frappés par les résultats italiens, sud-américains et indiens.  L’Inde en particulier se montre toujours aussi compétitive dans un marché universitaire qui se globalise.  En comparaison, les salaires chinois sont beaucoup moins intéressants, même si les universités chinoises paient parfois des salaires « occidentaux » pour attirer certains cerveaux. La position plus modeste des États-Unis proviendrait des écarts salariaux liés à la grande variété d’institutions publiques ou privées, collégiales ou de recherche, de grande ou de petite taille qui entrent dans le calcul d’une telle moyenne.

Pour Tony Bates, il n’y a pas lieu de se surprendre de ces résultats alors qu’il constate lui aussi une compétition internationale de plus en plus féroce pour attirer les meilleurs candidats.  À propos des résultats canadiens, il pense qu’il s’agit d’un avantage, mais qui pourrait disparaître rapidement en raison de coupures à venir de la part des gouvernements provinciaux :

« …[E]expect Canadian salaries to come under pressure (or rather, not to continue to increase at a rate compared with other of the top five countries) over the next few years as some provincial governments grapple with budget deficits, and students (and politicians) try to limit increases to tuition fees. Canadian universities slid relatively unscathed through the 2008 economic recession compared to the state universities in the USA, who are currently undergoing massive cuts to their budgets, but that comparative advantage is not going to continue for ever as the US economy slowly recovers. »

Bates s’inquiète du fait que de meilleurs salaires ne se traduisent pas toujours par une meilleure formation, alors que les universités cherchent souvent à recruter d’excellents chercheurs plutôt que d’excellents enseignants.

Sources :

Bates, Tony, « Who has the richest professors? Canada!? », Online learning and Distance Education Resources, 23 mars 2012.
Dehaas, Josh, « Nearly 14,000 Ontario university employees make six figures »,  Macleans On Campus, 26 mars 2012.
Dehaas, Josh, « Canadian profs: the world’s highest paid », Macleans On Campus, 23 mars 2012.
Jaschik, Scott, « Faculty Pay, Across the World », Inside Higher Ed, 22 mars 2012.

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À propos de l'auteur

Jean-Sébastien Dubé

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